Peux-tu raconter brièvement ta détection par le FCN ?J'ai eu la chance de jouer dans une équipe sénior à l'époque (à 15ans) : l'équipe sénior de l'AS Pirae .On est venu ici jouer un match de coupe de France contre Saint Priest et j'ai marqué au bout de dix secondes...Ca a commencé là, tous les journalistes ont commencé un peu à parler de moi, je commençais à avoir beaucoup de contact. Ensuite, je suis allé faire un stage à Auxerre. Un stage de quatre jours au lieu de deux semaines...Je ne suis resté que quatre jours : je n'avais jamais vu l'hiver, c'était la première fois, et donc j'ai dit « non, je rentre ! », alors que Guy Roux me disait « non tu restes, c'est bon on te garde ». J'avais 16ans, j'ai dit non, je suis rentré chez moi et j'ai terminé la saison avec mon club. Ensuite, j'ai eu un autre coup de chance : un très bon ami à mon père connaissait Jean-Claude Suaudeau qui était à Nantes à l'époque. Il l'a appelé pour lui demander si ça l'intéressait d'avoir un tahitien chez lui en stage pendant une semaine ou deux. Ca s'est fait comme ça. C'était en mai 97 : je suis venu en France, et un mois de mai à Nantes...j'ai dit « c'est bon je reste ! »
Comment vois-tu la "performance" de Frédéric Da Rocha, ton ancien coéquipier nantais, qui vient de disputer son 400ème match à Nantes et qui a tout connu avec ce club?C'est beau ! J'espère pouvoir vivre ça un jour ! Ca va être difficile, mais, c'est beau surtout que c'est dans le même club. Mais je pense que c'est un peu dommage aussi par rapport au joueur. Il y a des joueurs qui font 400 matchs dans un même club parce qu'ils ne peuvent pas aller ailleurs. Lui, avec les qualités qu'il a... il a eu quelques contacts, mais il a choisi la stabilité par rapport à sa famille...C'est beau !
Que retiens-tu de tes 3 saisons avec Nice ? (19buts – L1)Que des bons souvenirs ! J'ai gardé de très bons contacts à Nice contrairement à ce que tout le monde pense. Les gens restent un peu figés sur le fait que je me sois un peu embrouillé avec F.Antonetti. Au contraire, je m'entends avec tout le monde et j'ai gardé de très bons souvenirs et amis, contrairement à Nantes ou j'ai gardé très peu d'amis à part certains joueurs.
Pourquoi le choix du FC Lorient ? D'une part, Christian Gourcuff m'a appelé, ce qui n'est pas négligeable dans le choix que j'ai fait. Quand un entraîneur vous appelle, surtout Christian Gourcuff que je connais assez pour avoir joué souvent contre ses équipes et pour le style d'entraîneur qui aime le style de jeu que j'ai toujours connu, c'est-à-dire le jeu en une touche de balle. Je n'ai pas hésité longtemps. Mon choix s'est vraiment porté sur le style de jeu.
Ta blessure au tendon d'Achille a beaucoup touchée les supporters lorientais et ont souvent demandé de tes nouvelles sur le forum officiel. Tu as déclaré dans une interview que c'était difficile de les entendre dire qu'ils avaient hâte que tu reviennes. Mais rassure-nous, ça fait un peu plaisir quand même ??Bien sur ! C'est dur dans le fait que tout le monde demande « quand est-ce que tu reviens ? ». On est tellement impuissant dans ces moments-là que c'est difficile. Quand j'étais blessé, j'ai vraiment demandé à être tout seul. Je ne voulais pas avoir des questions tous les jours. Quand on est gravement blessé, on a envie d'avoir son cocon familial, ses amis proches, c'est tout. Ca part d'un bon sentiment de la part des gens, mais mentalement, au bout d'un moment ça devient difficile.
Comment cela se passe-t-il depuis ton retour, as-tu toujours des douleurs ? Est-ce que tu crains de te faire mal à nouveau ?Il y a un peu de tout ça. J'ai encore cette gêne là, j'ai encore des petites douleurs qui me rappellent à l'ordre. Ce n'est pas fini. De toute façon, le chirurgien m'a dit que ça ne sera jamais fini, c'est à vie.
Dernier but (et dernière victoire) en date : face à Saint Etienne. Quel est l'état d'esprit du collectif pour aborder le déplacement à Grenoble ?L'état d'esprit reste le même, sauf qu'on a gagné donc ça peut nous faire du bien. On sait très bien que le moindre petit point gagné c'est énorme, c'est un grand pas pour le maintien. C'est vrai que la victoire contre Saint Etienne nous fait du bien parce que c'est un concurrent direct pour le maintient. Là on va en jouer un autre qui est Grenoble. Donc si on peut revenir avec minimum un point, c'est bien. On continu notre petit bout de chemin chaque jour.
Quel est pour toi le plus beau but de ta carrière?J'en ai marqué pas mal qui m'ont beaucoup plus, mais je ne peux pas choisir... J'en ai plein qui me reviennent en tête. Mais j'ai trois buts qui m'ont marqués : le but du maintient au Havre (avec Nantes le 13/05/2000), l'année suivante je mets le but qui donne le titre de champion de France (toujours avec Nantes, le 12/05/01). Ce sont des buts qui marquent une vie. Il y a aussi le but que j'ai marqué quand j'étais à Nice, en finale de la coupe de la ligue, contre Nancy. Match perdu hélas, mais c'est un but qui m'a beaucoup plu.
Quel est selon toi le meilleur attaquant du championnat actuellement?Aujourd'hui, après il faut voir le contexte aussi, je pense que le meilleur attaquant reste K.Benzema. Mais aujourd'hui je pense que son corps est à Lyon mais sa tête n'y est peut-être plus, donc il a un peu de mal. Il est moins bien que les années précédentes. Il a peut-être un peu moins de motivation que les années passées.
Mais il reste pour moi le meilleur attaquant.
Que penses-tu de ton surnom "Tahitigoal"?Je ne sais pas... Je n'y prête pas trop attention. Ca me fait plaisir parce qu'il y a eu « Trézégoal » et c'était mon idole. Donc quand on m'a appelé comme ça, ça m'a fait plaisir oui.
Merci àMarie, correspondante Myfoot pour Lorient